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Ce livre a le mérite de s’en tenir à son seul objet : une approche philosophique de la nature de l’école. Cette approche volontairement rhétorique peut aider celui qui aurait le projet de refonder l’école ou d’en comprendre les finalités supposées et d’en redire les qualités attendues. D’entrée de jeu, le décor est planté, qui rend compte des différentes relations entre l’école, la famille et l’Etat : « un ménage à trois au bord de la crise de nerfs ». On comprend mieux alors le titre, « l’école, une affaire d’Etat ». Chacun y va en effet de sa définition et de ses questions : école-sanctuaire pour le républicain, école- carrefour pour le démocrate, école-institution aux frontières balisées en vue d’un épanouissement égalitaire pour le tout-venant. Hésitations et tensions s’entremêlent entre les partisans d’une école qui s’assigne de développer l’épanouissement de la personnalité (voire de l’esprit critique) et ceux qui pratiquent la religion de la citoyenneté. A l’évidence, l’école est plutôt au carrefour de ces enjeux, et la solution serait dans leur juste équilibre. Mais qui, alors, décide ? Il faut regretter, dit Pascal Jacob, que la famille soit presque absente du débat. Force est de constater que ces différents partenaires (la famille, l’école et l’Etat) ne vont pas bien. Alors, pour filer la métaphore, on se résigne aujourd’hui à la cohabitation, au droit de visite et à la garde alternée.
 
Les Etudes,2008/10 (Tome 409)